Dimanche 21 mars 2010
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Peut-être serais-je parfois heureusement surpris si je lisais ces lettres que je
condamne d'office à la poubelle, mais je ne crois pas aux bonnes surprises. On peut m"écrire que l'on m'aime, je ne m'en lasse pas, encore faut-il me le prouver.
Il y a aussi les lettres que je cache dans u tiroir avec l'idée qu'un jour j'aurai
l'envie de les ouvrir, qu"elles seront plus fortes que moi. C'est peu probable. Le temps sera passé, rien n'a d'importance quand le temps a passé. A quoi rime tout çà puisque nous allons mourrir
? J'ai ici une dizaine de lettres inutiles qui me font la morale aussi. Je ne reconnais à personne le droit de me demander des comptes, et surtout pas à ceux qui ne rendent jamais la
monnaie.
La mélancolie des fanfares de Pascal Sevran.
Mardi 16 mars 2010
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17:54
La fidélité... la fidélité... la fidélité...
Au journaliste de télévision qui les interrogeait, caméra en main hors ma présence
sur mes qualités,ils ont tous répondu l'un après l'autre : la fidélité. Tous !
-Et son principal défaut ?
-La fidélité, a répondu Zinzin aussi sec, pas mécontent de sa
trouvaille.
C'est toujours lui, décidément, qui tombe pile là où je l'attends : en plein
coeur.
Il a raison, le voilà bien mon défaut le plus grave, le plus beau : la fidélité. Oui,
elle porte en elle l'exigence des grans sentiments. Pourquoi n'ont-ils pas répondu la gentillesse tout simplement ? Trouvent-ils le mot trop faible ou trop fort ?
Je l'aime tant ce mot-là.
Celui qui me convient le mieux. Stéphane le savait, lui.
La vie sans lui de Pascal Sevran.
Mardi 9 mars 2010
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20:48
Lorsque j'avais mal, hier encore, au ventre, à la tête, aux pieds ou aux fesses, seul
Stéphane était capable de me rassurer. A lui ( comme à ma mère dans l'enfance ) je pouvais dire : j'ai mal, j'ai peur...j'ai froid. Son diagnostic était sans appel : " Tu n'as rien, rien " pour
qu'aussitôt je me sente mieux, en effet. Ce genre de miracle relève de l'amour, chacun sait cela, je n'ai pas attendu de l'avoir perdu pour m'en convaincre.
La vie sans lui de Pascal Sevran.
Mardi 2 mars 2010
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19:34

Si je souris trop ostensiblement aux gens que je croise dans les rues je crains de
paraître content de moi, sûr de mon effet ; si je marche droit, sans répondre aux regards surpris et le plus souvent amicaux de ceux qui voudraient m'approcher mais n'osent pas, on me jugera
distant. Comment faire ? Ce n'est pas si simple de paraître naturel dans une situation qui ne l'est pas.
La vie sans lui de Pascal Sevran.